Stockage d’énergie thermique : Brest à la pointe

2 questions à Ivan Bardin, directeur général d’Eco Chaleur de Brest, société concessionnaire du réseau de chauffage urbain de Brest.

Brest Métropole a lancé la construction d’une tour de chaleur qui sera opérationnelle à la rentrée 2016. Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce projet ?

À la fin des années 1980, avec l’appui de Dalkia, Brest Métropole a développé un réseau de chaleur urbain de 26,5 km valorisant l’énergie thermique produite par l’usine d’incinération des ordures ménagères. En 2012, dans le cadre de son Plan climat-énergie territorial, la métropole a décidé d’étendre son réseau, qui atteindra 45 km à l’horizon 2018, en maintenant la part des énergies renouvelables et de récupération (ENR&R) à au moins 85 %.

Une chaufferie biomasse de 12 MW est en construction, et le projet de stockage thermique est né du constat suivant : nous disposons au niveau de l’unité de valorisation énergétique des déchets ménagers d’un potentiel de chaleur ENR&R non exploité. De plus, nous employons des énergies fossiles pour faire face aux appels de puissance de gros utilisateurs : l’université de Bretagne occidentale, d’une surface bâtie de 120 000 m2, procède, par exemple, chaque matin à de très importantes relances, particulièrement en début de semaine.

Le stockage est le moyen imaginé pour conserver la chaleur ENR&R lorsqu’elle est disponible afin de la restituer au moment des forts appels de puissance. L’université a compris l’intérêt du projet et a accepté d’accueillir sur son campus une tour de 20 m de haut et de 9,50 m de diamètre.

Quelles performances sont attendues de cette nouvelle infrastructure ?

D’une capacité de 1 000 m3, la tour aura la faculté de stocker 2 500 MWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 400 logements. Les émissions de CO2 seront réduites de 12 700 tonnes sur vingt ans. Il s’agit, en France, du premier stockage thermique implanté sur le parcours d’un réseau de chaleur. Tous les contributeurs – Brest Métropole, l’Ademe, le conseil régional de Bretagne, le conseil départemental du Finistère et Sotraval – ont souhaité faire de ce projet un démonstrateur en matière d’efficacité énergétique et environnementale. Un modèle à dupliquer sur d’autres territoires !

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