Lancement des travaux du réseau de chaleur renouvelable et intelligent de Saint-Affrique

Saint-Affrique se situe en région Occitanie au cœur du Parc Naturel Régional (PNR) des Grands Causses sur un territoire où la transition énergétique est une priorité.

Saint-Affrique au cœur de la transition énergétique

Pour la Commune de Saint-Affrique le respect de la qualité de vie, de l’environnement et l’utilisation des énergies renouvelables sont au cœur des préoccupations. L’ensemble de ses actions le reflète, traduisant ainsi une volonté politique forte. En 2015 le PNR des Grands Causses est élu territoire à énergie positive.

La région Occitanie ambitionne de devenir la première Région à énergie positive d’Europe et vise l’autonomie énergétique d’ici 2050.

Dans ce contexte, la ville a souhaité développer un projet innovant : chauffer les bâtiments et équipements publics de Saint-Affrique avec un réseau de chaleur renouvelable alimenté par du bois « garanti local ». Ce projet exemplaire dans la transition énergétique et fédérateur a pour objectifs :

Ce projet de réseau de chaleur alimenté par une chaufferie centrale biomasse de 3 MW permet de remplir ces objectifs et d’atteindre 86 % d’énergies renouvelables. Les abonnés pourront ainsi bénéficier d’une TVA réduite et diminuer aussi leur facture énergétique.

Après une procédure d’appel d’offres et de mise en concurrence lancée en octobre 2016, le groupement Causses Energia / Dalkia a été retenu en tant que délégataire de service public pour la réalisation du projet et son exploitation sur une période de 22 ans.

Le réseau de chaleur de Saint-Affrique

Les chiffres clés du projet

5.5

km de réseau d'eau chaude

2300

T de CO₂ évitées chaque année

12.5

GWh de chaleur desservie

Plan du réseau de chaleur de Saint-Affrique

Les avantages du réseau de chaleur de Saint-Affrique

Pour les usagers, le raccordement au réseau de chauffage urbain représente de nombreux avantages. Les bénéfices retirés de ce type d’installation se situent aussi bien au niveau individuel, collectif, qu’environnemental.

La garantie du bien-être durable pour tous

Température constante, maintien de la chaleur, pas d’interruption du chauffage, eau chaude disponible en permanence, tels sont les avantages des réseaux pour les usagers. De plus en plus nombreux et de plus en plus verts, les réseaux de chaleur séduisent de plus en plus d’utilisateurs. A Saint-Affrique, la chaleur est produite dans une unité de production appelée chaufferie centrale. Une fois produite, elle est véhiculée par un système de canalisations souterraines, le réseau proprement dit. Elle est ensuite distribuée via des sous- stations (poste de livraison) aux usagers.

Un réseau intelligent

Grâce aux nouvelles technologies, les réseaux de chaleur sont désormais connectés et pilotés à distance. Cela permet une gestion intelligente et vertueuse des énergies, pour plus de confort et d’économies. Le réseau de chaleur de Saint-Affrique bénéficie de ces nouvelles technologies en étant raccordé au Desc, le centre de pilotage de la performance énergétique de Dalkia.

Une contribution à la protection de l’environnement

De plus en plus alimentés par des énergies renouvelables et de récupération, les réseaux de chaleur permettent de diminuer l’empreinte carbone des territoires. Ils sont devenus une priorité de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, avec un objectif de multiplication par cinq de la quantité de chaleur et de froid renouvelable et de récupération livrée par ces réseaux d’ici 2030. La production centralisée favorise également la mise en œuvre de processus performants de traitement des fumées (meilleures technologies disponibles) avec contrôle des rejets. Le bilan environnemental sera ainsi profondément différent avec une forte baisse du bilan d’émission de CO2.

Un approvisionnement continu

Les bâtiments raccordés au réseau de chaleur bénéficient d’une très grande sécurité et d’une garantie de livraison de chaleur parfaitement fiable. Cette chaleur est acheminée le plus souvent sous forme d’eau chaude, avec une pression de 4 bar maximum en départ chaufferie jusqu’aux sous-stations. Ces dernières ne produisent ni fumée, ni poussière, ni odeur et fonctionnent sans combustible, donc sans danger pour les usagers et l’environnement (risques d’incendie, d’explosion...). D’une longueur de 5.5 kilomètres, le réseau de chauffage urbain de Saint-Affrique est un réseau basse température, basse pression.

Une énergie toujours au meilleur prix pour un meilleur pouvoir d’achat

Grâce à des chaufferies fonctionnant sur le mode de la multi énergie (biomasse, gaz...) les réseaux de chaleur renouvelable permettent à tout moment d’offrir des prix compétitifs aux utilisateurs. Cette diversification permet une gestion souple, une diminution des risques de coupures d’approvisionnement et garantit un prix plus stable (au regard de l’évolution des prix des combustibles). L’utilisation du bois (86 % de l’énergie sera produite à terme par la chaufferie biomasse du réseau de chaleur de Saint-Affrique) moins cher que le combustible gaz, et en tenant compte des aides publiques permettant de réduire le coût d’investissement des équipements de production et distribution, les réseaux de chaleur permettent de maintenir un coût de chaleur compétitif grâce également au recours à des filières locales d’approvisionnement. Les réseaux de chaleur bénéficient d’une TVA à taux réduit quand ils sont alimentés à plus de 50 % par des énergies renouvelables ou de récupération, ce qui contribue à lutter contre la précarité énergétique.

Comment fonctionne un réseau de chaleur

La chaufferie biomasse du réseau de chaleur de Saint- Affrique

La chaufferie centrale biomasse

Implantée derrière le parking du Boulevard Carnot, la chaufferie aura une position centrale par rapport aux abonnés du réseau. L’unité de production fera de la biomasse sa principale énergie. L’installation sera en effet constituée de deux chaudières biomasse 1 MW et 2 MW pour une puissance totale de 3 MW.

Les chaudières chauffent l’eau à une température d’environ 90 °C. Cette eau sera mise en circulation dans un réseau de canalisations isolées et enterrées reliant les grands consommateurs de chaleur de la ville.

Cette chaufferie qui utilisera environ 4 000 tonnes de biomasse par an, participe à la diminution des gaz à effet de serre avec plus de 2 300 tonnes de CO2 évitées par an par rapport à la situation de référence, l’équivalent des émissions de 1 900 véhicules roulant chacun 10 000 km par an. Le stockage biomasse, permettra une autonomie de fonctionnement de 3 à 4 jours.

Un approvisionnement local

Il est prévu au contrat de Délégation de Service Public une fourniture de bois énergie dans un rayon de 70 kilomètres en s’appuyant sur des approvisionneurs locaux (la structure la plus éloignée de la ville se trouve actuellement à seulement 50 km) :

Une chaufferie intégrée à son environnement

Dans un souci d’insertion paysagère, il était important de penser un bâtiment avec un habillage minimaliste. Pour cela, seront favorisés des matériaux naturels, recyclables impactant le moins possible l’environnement du site, et répondant aux contraintes d’isolation acoustique induites par le niveau sonore de l’équipement.

Les différentes composantes du bâtiment

Le bâtiment abritera la totalité des équipements techniques. Les bennes à cendre, les systèmes de filtration et les ballons d’hydro accumulation seront installés en extérieur. La composition de l’unité de production est basée sur la juxtaposition de 3 volumes 

Le projet architectural

Innovante et fonctionnelle, la chaufferie proposée par le groupement Causses Energia / Dalkia et le cabinet d’Architecte EBARCHI d’Eric Bertrand pour la ville de Saint-Affrique, associe sécurité de fonctionnement, esthétique et promotion des énergies renouvelables. La définition de la chaufferie s’est faite en travaillant sur la mise en volume des appareils nécessaires au fonctionnement de la chaufferie : silos de stockage, espace chaudières bois, système de filtration, hydro accumulateurs extérieurs, espaces administratif et maintenance.

Cette démarche a amené à concevoir une juxtaposition de « blocs » de tailles différentes, qui tel un jeu de construction, viennent s’encastrer dans le talus de la montagne de la Vernière, dégageant côté Nord, un espace libre indispensable pour l’approvisionnement du bois et les manœuvres des camions.

Les bâtiments administratifs, silos de stockage, chaufferie gaz habillés d’un bardage bois, viennent s’adosser au volume principal de la chaufferie bois en maçonnerie revêtu de polycarbonate translucide, lumineux. L’ensemble « chaufferie + stockage » sera séparé du bâtiment administratif. Le bardage bois et polycarbonate translucide du premier ensemble ne couvrira que sa partie haute laissant apparaître le béton brut de la construction en partie basse. Tandis que du côté administratif, séparé par une allée, le bardage bois couvrira toute la hauteur du bâtiment. Cet effet d’évanescence lié au polycarbonate permet aussi d’envisager un bâtiment à 2 visages :

  • le jour : un volume central discret, reflétant par la nature de son revêtement la couleur du ciel, le vert du coteau, encadré par les volumes vêtus de bois
  • la nuit : les bâtis revêtus de bois s’effaceront pour ne laisser en évidence que l’éclairement du volume central, luminescent, mis en valeur par un éclairage LED pouvant varier du blanc au rouge, suggérant la chaleur et l’activité de la chaufferie.

Le fonctionnement d’une chaufferie biomasse

fonctionnement d'une chaufferie biomasse

Le bois énergie

La chaufferie de Saint-Affrique sera alimentée par différentes ressources biomasse, toutes des bois « propres » non traités dits de classe « verte »* ; ou de classe « A »** sous forme de mélange.

La ressource forestière

Cette ressource est issue de la forêt, des espaces boisés (bocages, élagage urbain...) et de la sylviculture : bois de grumes, bois d’élagage, rémanents issus des exploitations. Ces produits d’origine sont préparés pour obtenir de la plaquette forestière

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Les sous-produits et connexes issus de l’industrie du bois Cette ressource est issue des industries de première et deuxième transformation du bois (scieries, menuiseries...) : écorces, chutes courtes, dosses...

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Le bois de récupération Cette ressource est issue de la préparation du bois en fin de vie : palettes, caisses, planches non traitées, bois de calage....

bois 5

La biomasse, l’énergie renouvelable la plus utilisée en France

Selon le Ministère de la Transition écologique et solidaire et le Commissariat général au Développement durable, la production primaire d’énergies renouvelables s’élevait à 23 Mtep en métropole en 2015.

Les principales filières restent le bois-énergie (39,8 %), l’hydraulique renouvelable (20,5 %), les biocarburants (11,2 %), les pompes à chaleur (8,0 %) et l’éolien (8,0 %). La biomasse est ainsi considérée comme l’énergie renouvelable la plus utilisée en France.

Selon le Syndicat National du Chauffage Urbain et de la Climatisation Urbaine, 80% des réseaux de chaleur, soit 86% de la totalité des livraisons de chaleur en France, fonctionnent dorénavant grâce aux énergies vertes. Il confirme, lui aussi, qu’en tête des énergies renouvelables utilisées dans les réseaux de chaleur, figure la biomasse avec 21% du mix énergétique.

1ère

énergie renouvelable utilisée, toutes filières confondues

40

% des énergies renouvelables utilisées, toutes filières confondues

21

% du mix énergétique pour le chauffage urbain

Les avantages de la biomasse

  • Environnementaux : le bois-énergie a un bilan carbone considéré comme neutre. En effet, lorsqu’il est brûlé, le bois rejette le carbone qu’il a stocké lors de sa croissance, par photosynthèse. L’énergie fossile nécessaire pour la récolte, le transport et la transformation du bois est proportionnellement très faible : il en résulte que pour un réseau de chaleur collectif, recourir au bois c’est réduire les émissions de CO2 d’un facteur 20 par rapport au fuel et 10 par rapport au gaz (source : Ademe).
  • Économiques : la mobilisation du bois-énergie et sa valorisation en chaufferie collective ou industrielle stimulent l’économie locale.
  • Sociaux : le bois-énergie est un facteur de développement des territoires qui crée sur l’ensemble de la filière 2 à 4 fois plus d’emplois non délocalisables que le fioul ou le gaz pour la même quantité d’énergie consommée. Ainsi, chauffer 200 familles à partir de bois-énergie permet de créer 1 emploi sur l’ensemble de la filière, tout en valorisant 1 000 tonnes de bois issues des filières locales (source : Ademe). L’utilisation du bois-énergie permet de bénéficier d’une moindre dépendance vis- à-vis des énergies fossiles. La biomasse est également peu soumise à la volatilité des prix contrairement aux énergies fossiles. Cette maîtrise supplémentaire de la facture énergétique est un moyen de lutter contre la précarité énergétique.

Enfin, le bois-énergie favorise l’accès à l’énergie tant en zone rurale qu’en zone urbaine.

“ La solution que nous proposons fait de la Transition Énergétique une réalité sur le Territoire de Saint-Affrique et contribuera au développement de l’emploi local. Les équipes du Groupement Causses Energia / Dalkia, mobilisées depuis plusieurs semaines sur le projet de création d’un réseau de chaleur ont recherché la solution la plus pertinente pour répondre aux enjeux de la Collectivité. La solution proposée permettra aux futurs abonnés du réseau de réaliser des économies sur leur facture énergétique globale, tout en garantissant un tarif stable dans la durée."

Richard FIOL

PDG de la SEM Causses Energia

« Partout, les territoires se mobilisent pour relever les défis de la transition énergétique. Partenaire historique des collectivités territoriales, Dalkia développe chaque année des solutions innovantes sur-mesure pour répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques auxquels les collectivités sont confrontées. Nous sommes très fiers de pouvoir accompagner la ville de Saint-Affrique dans sa démarche de développement durable, de lutte contre la précarité énergétique et de renforcement de son attractivité, et d’apporter dans la durée notre savoir-faire et nos engagements de performance et de proximité. »

Valérie PATRON

Directrice Régionale de Dalkia Sud-Ouest

Les acteurs du projet

Causses Energia

La SEM Causses Energia est une société d’économie mixte créée en juillet 2016 sous l’impulsion du Parc naturel régional des Grands Causses. Son capital est détenu par des actionnaires privés et publics avec le collège public qui reste majoritaire au niveau du capital et de la gouvernance. Situé dans le Sud Aveyron, son siège social se trouve dans les locaux du Parc naturel régional des Grands Causses, à Millau.

Les actionnaires publics sont au nombre de neuf, on retrouve des Communautés de Communes du Sud Aveyron, la mairie de Saint-Affrique et le Syndicat mixte du Parc naturel régional des Grands Causses. Dix actionnaires privés sont adhérents de la SEM Causses Energia, avec notamment la participation de l’Agence Régionale de l’Energie et du Climat, créée par la Région Occitanie, par l’intermédiaire de son outil de tiers- investissement visant à favoriser le développement des énergies renouvelables. On y retrouve des fournisseurs de bois-énergie, des exploitants de système de chauffage, une entreprise de travaux publics, un fond d’investissements et des bailleurs sociaux.

Dalkia

Dalkia, filiale du Groupe EDF, développe les services énergétiques en France. Dalkia apporte des solutions à l’échelle de chaque territoire, avec pour objectifs de maîtriser les consommations, garantir la performance énergétique, valoriser les ressources locales et renouvelables. Les énergies renouvelables que développe Dalkia sont celles qui permettent la production de chaleur renouvelable. Il s’agit de la biomasse, du biogaz, de la géothermie, mais aussi des énergies dites « de récupération » (récupération de chaleur de data center, de process industriels...). Dalkia valorise également les déchets ménagers avec sa filiale TIRU. Dalkia a pour ambition d’atteindre 50% d’énergies renouvelables et de récupération dans son mix énergétique d’ici 2022 (le groupe atteignait déjà 37% en 2017). Le deuxième métier de Dalkia consiste à réaliser des économies d'énergies. Dalkia met en place des contrats de performance énergétique avec engagement de résultat afin d’aider ses clients à diminuer leurs consommations. Dalkia s’engage à réaliser jusqu’à 40% d’économies d’énergies pour améliorer la performance énergétique de ses clients. Le groupe a d’ailleurs inventé le Desc (Dalkia Energy Savings Center : Centre de Pilotage de la performance énergétique), afin de piloter en temps réel les installations de ses clients, grâce au numérique et à l’intelligence artificielle.

L'ADEME

Promesse de l’État sur les énergies renouvelables (EnR), le fonds chaleur, géré par l’ADEME depuis 2009, participe au développement de la production renouvelable de chaleur. Il est destiné à l’habitat collectif, aux collectivités et aux entreprises. En France, la production de chaleur représente la moitié des consommations d’énergie. Elle repose encore principalement sur les combustibles fossiles, alors que notre pays ne manque pas d’alternatives. Le Fonds Chaleur contribue aux objectifs du paquet européen énergie-climat, qui consiste à porter la part des EnR à 23 % de la consommation énergétique nationale d’ici à 2020. Il doit ainsi permettre la production supplémentaire de 5,5 millions de tonnes équivalent pétrole de chaleur renouvelable ou de récupération à l’horizon 2020.

L'Europe en Occitanie

Grâce aux programmes européens, l'Union Européenne finance des actions proches de notre vie quotidienne afin de réduire les écarts de développement entre les Régions et de renforcer la compétitivité et de développement de tous les territoires. Dans le cadre du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), l'Europe finance de nombreuses actions en faveur de la transition énergétique. Le projet de réseau de chaleur avec une chaufferie biomasse à Saint-Affrique s'inscrit dans ce cadre.

La Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée

La Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée a l’ambition de devenir la première Région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. C’est dans ce but qu’elle soutient les projets portés sur l’ensemble du territoire qui visent, d’une part, à tripler la part de production d’énergies renouvelables et, d’autre part, diviser par deux les consommations énergétiques des bâtiments publics ou des logements sociaux mais également le parc privé diffus, notamment grâce au dispositif éco-chèque logement.

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