UVE Perpignan

Un réseau de chaleur à Perpignan : un projet structurant au service de l’économie circulaire

Depuis plusieurs années déjà, le Sydetom 66, Syndicat Départemental de Transport, de Traitement et de Valorisation des Ordures Ménagères et déchets assimilés pour le département des Pyrénées Orientales, est engagé dans la transformation énergétique et économique du territoire. Le 9 mars 2018, il signe avec Dalkia et sa filiale TIRU, l’exploitant de l’Unité de Calce, un contrat pour l’approvisionnement en énergie issue de la valorisation énergétique des déchets d’un nouveau réseau de chaleur.

Une politique environnementale en faveur de la transition énergétique et économique du teritoire

La loi de Transition Energétique prévoit de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre et de porter la part des énergies renouvelables à plus de 30% de la consommation énergétique finale à l’horizon 2030.

Grâce à ce nouveau réseau de chaleur urbain, le Sydetom 66 contribue, aux côtés de Perpignan Méditerranée Métropole, à inscrire le territoire dans la lutte contre le réchauffement climatique en favorisant l’utilisation d’énergies vertes et en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre. Ce réseau permet aussi au Sydetom 66 de proposer une énergie locale, propre et économique aux administrés sur le territoire.

Le Sydetom 66 réalise le plus important réseau de transport de chaleur du territoire avec 15 km de tuyaux sous-terrains pour fournir en chaleur l’équivalent de 5 000 logements.

Fernand Roig

Ce projet, représentant un investissement de 26 millions d’euros de travaux, est soutenu par l’ADEME (Agence de l’Environnement de la Maîtrise d’Energie) et la Région Occitanie.

La création d'un réseau de chaleur vertueux

L’Unité de Valorisation Énergétique des déchets ménagers de Calce, appartenant au Sydetom 66 et exploitée par TIRU depuis ses débuts a été mise en service en juillet 2003. D’une capacité nominale de 240 000 tonnes, l’usine représente la pierre angulaire du projet.

Ce site à la pointe de la technologie, complété d’un centre de tri innovant au design intégré à son environnement, était déjà producteur d’électricité pour les habitants du Département des Pyrénées Orientales. Il améliorera encore sa performance énergétique en produisant de la chaleur pour le réseau de chauffage urbain, en traitant la même quantité de déchets qu’auparavant.

En effet, c’est à partir de l’énergie produite par la transformation des déchets, que la vapeur sera récupérée pour être ensuite injectée dans le réseau de chaleur. Une eau chaude à 105°C sera ainsi envoyée sur le réseau de distribution, construit et exploité par Dalkia pour une durée de 20 ans.

90%

d’énergie de récupération

3500

tonnes de CO2 évitées

15km

de réseau

Le réseau de chaleur créé grâce au partenariat entre le Sydetom 66 et TIRU sera alimenté à 90 % par des énergies renouvelables et de récupération. Il permettra ainsi aux usagers de bénéficier d’une TVA réduite à 5,5% et évitera l’émission de 3 500 tonnes de CO2 chaque année, comme si on retirait près de 2 000 voitures de la circulation.

Le Sydetom 66 est en charge de la construction du réseau de transport de la chaleur qui traversera les communes de Calce, Baixas, Baho, Villeneuve de la Rivière, Saint-Estève et la ville de Perpignan. A Torremila, la chaleur transitera dans un local d’échange pour alimenter le réseau de distribution.

100000

MWh valorisables sur le réseau

104

salariés travaillant 7j/7

2500

tonnes de déchets hospitaliers traitées/an

Dalkia, lauréat d’un marché public global de performance énergétique avec le Centre Hospitalier de Perpignan, construira ce réseau de distribution de 4 km permettant d’assurer la fourniture de la chaleur aux acteurs locaux parmi lesquels l’usine Cémoi, l’hôpital de Perpignan, la clinique, la piscine et plusieurs écoles. L’Hôpital de Perpignan et l’industriel Cemoi disposeront également d’un froid renouvelable grâce à l’installation d’un groupe à absorption.

Enfin, les bâtiments reliés au réseau seront raccordés au Desc (Dalkia Energy Savings Center), le centre de pilotage de la performance énergétique de Dalkia. Ainsi connectés, les consommateurs bénéficieront d’une énergie optimisée et d’informations en temps réel.

Au final, l’Unité de Valorisation Énergétique permettra de produire de l’électricité, de la chaleur et du froid. Il s’agit donc d’un projet tri générationnel.

Un outil pour la transition énergétique

Les réseaux de chaleur, largement consacrés par la loi relative à la Transition Énergétique pour la croissance verte, sont des moyens utiles et pertinents pour réduire significativement les gaz à effet de serre et lutter efficacement contre le dérèglement climatique. Ils constituent de véritables outils d’aménagement du territoire et des leviers essentiels de la Transition Énergétique pour un aménagement durable de l’agglomération.

Qu'est-ce qu'un réseau de chaleur ?

Un réseau de chaleur permet de fournir le chauffage collectif et l’eau chaude sanitaire à l’ensemble d’un quartier, d’une ville ou d’une agglomération. Parfois, les unités de production du réseau de chaleur permettent aussi de générer de l’électricité (on parle alors de « cogénération »). Les réseaux de froid fonctionnent selon le même principe pour assurer la climatisation d’un ensemble de bâtiments.

Les réseaux de chaleur ont de nombreux avantages :

  • Confort : ils garantissent à chaque instant une température constante, un maintien de la chaleur et de l’eau chaude disponible.
  • Sécurité : pas de gaz, pas de stock de combustible, pas de chaudière dans l’immeuble, pas de conduits d’évacuation des fumées... Pour les occupants, aucun risque d’exposition ou d’intoxication au monoxyde de carbone.
  • Bon marché : l’énergie fournie par les réseaux de chaleur est proposée à un prix stable et bon marché, notamment parce qu’elle est produite en grande quantité et qu’elle permet la mutualisation des achats et des moyens de production. Pour la même raison, les frais d’entretien sont réduits (une sous–station est conçue pour durer plus de 30 ans sans baisse de rendement si elle est correctement entretenue). Les réseaux de chaleur permettent donc de lutter contre la précarité énergétique.
  • Simple : pour l’utilisateur, rien ne change. Il règle son radiateur et ouvre son robinet d’eau chaude comme avec un système classique (chaudière individuelle, chaufferie collective en pied d’immeuble, chauffe-eau électrique).
  • Écologique : le réseau de chaleur permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus en plus alimenté par des énergies renouvelables et de récupération locales, il contribue à l’atteinte des objectifs fixés par la loi de Transition Énergétique.Celle-ci prévoit que les quantités de chaleur renouvelable et de récupération distribuées par ces réseaux soient multipliées par 5 à l’horizon 2030.

Les étapes de projet

Dans la famille des énergies « propres », on pense spontanément au solaire, à la biomasse ou au vent, mais on oublie souvent les énergies dites de « récupération ». « Rien ne se perd, tout se transforme », disait le grand chimiste français Lavoisier. En effet, comme leur nom l’indique, valoriser les énergies de récupération consiste à récupérer de l’énergie qui, à défaut, serait perdue.

Les Unités de Valorisation Energétiques produisent beaucoup de chaleur lors de l’incinération par combustion des déchets. La vapeur émise peut être récupérée pour alimenter des réseaux de chaleur, comme c’est le cas dans le projet de Perpignan.

La récupération de chaleur : comment ça fonctionne

Avant de rentrer dans un processus de récupération de chaleur, on commence par réaliser un audit énergétique de l’Unité de Valorisation Energétique afin de connaître le potentiel de chaleur à valoriser.

Une fois les installations émettrices de chaleur dite « fatale » identifiées, des échangeurs thermiques sont installés afin de récupérer cette chaleur. La chaleur peut alors :

Ce sera le cas de la chaleur issue des fours de l’Unité de Valorisation Energétique de Calce.

Une réponse aux défis de la transition énergétique

La récupération de chaleur dite «fatale» n’est pas considérée comme une énergie renouvelable à proprement parler, mais elle est considérée comme une énergie neutre dans la mesure où elle permet de valoriser de la chaleur qui serait quoiqu’il arrive émise.

Les avantages de la récupération de chaleur

  • Zéro gaspillage : il s’agit de valoriser une énergie qui est produite quoi qu’il arrive. Cette méthode de bon sens consiste à remplacer des énergies fossiles comme le gaz, le fioul ou le charbon par une énergie qui serait autrement perdue. La récupération de chaleur fatale s’intègre ainsi dans le concept d’économie circulaire.
  • Écologique : la récupération d’énergie n’émet, par définition, aucun rejet polluant supplémentaire dans l’atmosphère. C’est pour cela qu’en matière d’énergies vertes, nous parlons de plus en plus d’énergies «renouvelables et de récupération».
  • Locale : c’est une énergie que l’on trouve dans nos territoires. Elle ne suppose aucun transport.
  • Compétitif : pour ceux qui l’achètent. Les coûts de production sont réduits, à la seule condition que le site où l’on récupère l’énergie ne soit pas trop éloigné des bâtiments ou des équipements à chauffer. Enfin, que l’on fasse une valorisation en interne, pour répondre à des besoins de chaleur propres à l’entreprise ; ou une valorisation en externe, pour répondre aux besoins de chaleur d’un tiers, la récupération de chaleur représente un gain économique pour l’entreprise émettrice.

« Le Sydetom 66 dont les premiers statuts remontent à 1995, a été l’un des tout premier Syndicat Départemental en France, pour le Transport, le Traitement et la Valorisation des Déchets Ménagers. Cette référence nationale et son savoir-faire font toujours aujourd’hui, sa notoriété.

Fort de son expérience, il a su dans le temps, s’adapter aux contingences des évolutions législatives : Grenelle 1 et 2, Transition Energétique, Economie Circulaire... Ses installations en font un outil moderne opérationnel et efficace pour ses collectivités adhérentes, sans occulter pour autant son principe économique et social de «mutualisation», fer de lance de la solidarité départementale dans la gestion des déchets et qui en a fait sa force.

Les principes fondamentaux de l’Environnement et de l’Ecologie en pleine mutation, nous obligent pour demain à une nouvelle stratégie. C’est en ce sens, qu’après une « première » gestion pure et simple des déchets, notre orientation guidée par le sacro-saint principe de leur « réduction à la source » puis par le « geste de tri », et la « prévention » est aujourd’hui plus que jamais articulée autour de « l’Economie Circulaire ».

Cette volonté nous conduit donc, et c’est la nature de notre projet, sur la réalisation d’une « Co ou Tri génération », par une récupération de source locale, à savoir : la chaleur produite à l’UVE de Calce : ressource disponible, propre, exempte de CO2 , substitutive aux énergies fossiles et économiquement avantageuse. C’est ainsi que notre réseau projeté permettra d’alimenter plusieurs établissements publics et privés, implantés dans le périmètre de la Ville de Perpignan avec, grâce à la réalisation d’un schéma directeur départemental, un développement futur dans sa périphérie.

Ces travaux, outre le fait de consolider et de pérenniser l’activité actuelle et essentielle du syndicat, le rend producteur d’énergie verte plus que jamais nécessaire à la sauvegarde de notre planète et au bien-être de ses habitants.»

Fernand Roig,
Président du Sydetom 66

« Dalkia est une filiale du Groupe EDF spécialisée dans les services énergétiques. Nous proposons à nos clients des solutions sur- mesure à l’échelle de chaque bâtiment, chaque site industriel et de chaque ville pour les aider à réduire leurs consommations d’énergies et à recourir à des énergies renouvelables.

Dans le cas de Perpignan, c’est le choix de la récupération de chaleur de l’UVE de Calce qui a été fait pour chauffer les abonnés et verdir le mix énergétique du territoire. Dalkia dispose d’une expérience de plus de 80 ans dans ce domaine et exploite à ce jour 350 réseaux de chaleur et de froid en France. Cela en fait le premier acteur du chauffage urbain en France, en nombre d’installations exploitées.

Ce projet illustre les expertises de TIRU et de DALKIA qui, dans une logique d’économie circulaire, valorisent les déchets pour alimenter en chaleur, à un prix compétitif, au cœur du territoire perpignanais, industriels et établissements voisins avec une énergie verte. Nous faisons ici un pas de plus, avec le Sydetom 66, dans la transition énergétique en développant les énergies de récupération. En 2017, les énergies renouvelables et de récupération représentaient 37 % du mix énergétique de Dalkia. L’ambition de notre groupe est de porter ce chiffre à 50 % d’ici 2022. Ce projet est également connecté et le numérique nous permet à nouveau de produire une énergie performante et optimisée.

Je souhaite remercier le Sydetom 66 ainsi que nos partenaires pour leur confiance. Dalkia mettra toute son énergie pour faire de ce projet exemplaire une réussite pour le territoire perpignanais. »

Sylvie Jéhanno,
Présidente-Directrice Générale du groupe Dalkia et
Présidente de TIRU

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