Vous avez dit « frigories » ? Dalkia et le froid, une connivence logique

Dalkia et le froid

Quand le dérèglement climatique s’accélère, produire du froid est un savoir-faire de plus en plus recherché. Derrière cette évidence, d’importantes questions techniques, économiques et environnementales sont soulevées, et Dalkia se trouve en première ligne pour y répondre.

Le marché du froid, pour Dalkia, ce sont deux secteurs d’activité distincts : d’un côté la « climatisation-confort », avec des installations dédiées pour certains bâtiments ou des réseaux de froid opérés pour le compte des collectivités ; d’un autre le champ d’intervention de Dalkia Froid Solutions, qui conçoit, installe et maintient des installations de production de froid à usage des industries et des commerces pour leurs processus métier. « Techniquement, il y a peu d’interactions directes entre ces deux domaines d’activité, note François Vasse, directeur commerce et marketing de Dalkia. Mais ils se développent dans des contextes similaires et sont tous deux sujets à d’importantes évolutions réglementaires. Dans un contexte de réchauffement climatique, le froid prend évidemment une dimension particulière, et pour la climatisation comme pour le froid industriel et commercial, l’efficacité énergétique et les performances environnementales deviennent des objectifs à part entière. »

Une solution face au problème des îlots de chaleur

Le réchauffement climatique entraînera hélas de plus en plus de canicules, dont on sait à quel point elles sont synonymes d’inconfort et de risques pour la santé des plus fragiles. Or la solution la plus simple et la plus courante aujourd’hui, qui consiste à s’équiper de climatiseurs individuels, pose un problème majeur : ces équipements évacuent les calories à l’extérieur des bâtiments, ce qui crée des « îlots de chaleur » dans les villes. « Au final, on accentue encore le phénomène de canicule, en particulier dans les zones urbaines peu végétalisées et dépourvues de puits naturels de rafraîchissement, souligne François Vasse. C’est typiquement ce qu’il faut éviter… » D’où le grand avantage des réseaux de froid, qui permettent de « délocaliser » le rejet de chaleur loin des habitations, voire de la réinjecter dans le sol ou dans un cours d’eau.

Stocker le froid… quand c’est possible

L’architecture générale d’un réseau de froid est similaire à celle d’un réseau de chaleur. Un circuit d’eau « primaire », refroidi par une ou plusieurs centrales, dessert l’ensemble des bâtiments ; puis, dans chacun d’entre eux, les frigories sont distribuées dans les logements ou les bureaux à travers un circuit « secondaire ». Dalkia exploite aujourd’hui plusieurs infrastructures de ce type, telles que le réseau de la Métropole de Lyon et celui de la SUC pour le sud de la Défense, dont le refroidissement est assuré par les eaux de la Seine. « Quand cela s’avère possible, ce qui n’est pas toujours le cas compte tenu des contraintes de poids et d’encombrement, il est toujours intéressant d’associer un système de stockage à un réseau de froid, signale François Vasse. Tout d’abord, même si la climatisation est moins utilisée durant la nuit, on peut produire du froid, le stocker et l’utiliser ultérieurement, lors des périodes de forte demande. A fortiori lorsque celui-ci est produit par des compresseurs électriques, car les tarifs nocturnes de l’électricité peuvent parfois être plus intéressants. Et surtout, disposer d’un système de stockage permet d’optimiser le dimensionnement de l’installation de production, ce qui peut générer de substantielles économies. » Car lors des pics de chaleur, en plus des compresseurs qui tournent à plein régime, on peut utiliser ce stockage pour amener de façon instantanée une « puissance froid » complémentaire.

Réversibles et écovertueuses, les boucles tempérées ont la cote

À côté des réseaux de froid « classiques », à l’intérieur desquels circule de l’eau glacée, un autre type de production/distribution se développe : celui des « boucles tempérées » dites aussi « boucles basse température ». Réversibles, donc capables de fournir du chaud comme du froid, elles peuvent être alimentées par des systèmes de géothermie (de surface ou de moyenne profondeur) ou de thalassothermie (prélèvement direct dans la mer), voire sous forme de valorisation de chaleur fatale à basse température. C’est une eau tempérée qui circule dans ces boucles. À chaque pied d’immeuble, une pompe à chaleur réversible produit du froid en été (pour la climatisation) et du chaud en hiver (pour le chauffage). « Nous opérons des boucles tempérées à Marseille, La Seyne-sur-Mer et bientôt à La Grande-Motte, » précise François Vasse.

Des « solutions froid » qui ont le vent en poupe

L’autre grand champ d’action de Dalkia, lorsqu’on parle frigories, est celui de Dalkia Froid Solutions. Cette filiale, qui a affiché une croissance annuelle de 20 % sur les deux derniers exercices, est présente dans trois grands domaines d’activité. Dalkia Froid Solutions assure d’abord la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance de systèmes de production et de distribution de froid pour les grandes et moyennes surfaces : chambres positives et négatives de conservation des denrées, armoires et bacs frigorifiques dans les linéaires, etc. « Nous intervenons aussi sur le conditionnement d’air et la climatisation des magasins, note Philippe Anselme, son directeur général. De plus, nous pouvons assurer l’installation et la maintenance des équipements chauds utilisés par les cuisines et les boulangeries des magasins. Cela fait appel à des savoir-faire connexes à ceux du froid – il s’agit toujours d’électromécanique – et nos clients sont demandeurs d’un même interlocuteur pour l’ensemble de la chaîne de préparation entre le froid et la cuisson. »

Plasturgie, agroalimentaire, hôtellerie…

Sur le segment de l’industrie, le froid sert par exemple pour solidifier les pièces en plastique, mais on en trouve aussi beaucoup dans l’industrie agroalimentaire, où il est utilisé pour des besoins dits « de process » (refroidir une matière alimentaire à tel ou tel stade de sa production) mais aussi pour climatiser des bâtiments industriels afin de pouvoir y stocker, par exemple, de la viande. Troisième domaine d’activité important pour Dalkia Froid Solutions : le chauffage, la ventilation et la climatisation. « Nous travaillons pour l’hôtellerie, avec une capacité reconnue à rénover les hôtels tout en les maintenant en service, ainsi que pour de petits immeubles de bureau, » précise Philippe Anselme. Qu’il s’agisse de réseaux de froid, de boucles d’eau tempérée ou de « solutions » industrielles et commerciales, les métiers du froid sont en tout cas porteurs, parce qu’ils s’inscrivent à la croisée d’enjeux de plus en plus cruciaux. Et comme ils font appel à des savoir-faire particulièrement maîtrisés par Dalkia, tout indique qu’ils ouvrent encore à l’entreprise de belles opportunités de développement.

Faire du froid avec du chaud…

Récupérer et transformer en froid la « chaleur fatale » issue des process industriels : voilà qui représente un formidable potentiel d’optimisations énergétiques. Techniquement, le principe est celui de l’absorption, un procédé chimique basé sur la faculté qu’ont certains liquides à absorber et à « désorber » une vapeur. Mis au point par Ferdinand Carré durant les années 1850, il a été considérablement amélioré depuis. Le principe de fonctionnement des machines à absorption est similaire à celui des machines à compression (vaporisation à basse température / condensation à haute température). Il repose sur quatre principaux éléments : condenseur, évaporateur, désorbeur et absorbeur.

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