La voiture sans chauffeur est déjà parmi nous

Les automobiles sans pilote ne sont déjà plus un rêve futuriste. Équipées de technologies militaires, elles arrivent par étapes sur nos routes et seront bientôt capables de se débrouiller en toute autonomie.

Échappée d’un scénario de science-fiction, la voiture autonome roulera bientôt sur nos routes. Bardée de capteurs, ultraconnectée, elle changera radicalement notre façon de nous déplacer mais aussi bien d’autres choses encore difficiles à imaginer. À bord, nous pourrons lire, regarder un film, travailler… sans nous occuper de la conduite. Peut-être amènera-t-elle seule les enfants à l’école et ira-t-elle chercher les courses que nous aurons commandées en ligne. Bus et taxis sans chauffeur fonctionneront 24 heures sur 24. Cette voiture pourrait faire disparaître le permis de conduire, les feux rouges, les radars... Les bouleversements à venir sur le travail, la consommation, l’urbanisme, les services publics, les loisirs sont innombrables. Qui pouvait imaginer il y a quinze ans que le téléphone portable servirait bientôt à tout sauf à téléphoner ? Qu’il concurrencerait les cartes routières, les appareils photo, les cartes bancaires, le courrier, la presse, la télévision ?

Lâcher le volant

On prédit qu’en 2030 le véhicule autonome représentera 50 % des véhicules vendus dans le monde et que la Chine sera son premier marché. Délire futuriste ? Peut-être. Mais les voitures autonomes sont déjà là. Tous les grands constructeurs automobiles proposent sur leurs véhicules haut de gamme des fonctions « d’assistance à la conduite » de plus en plus avancées. Depuis plusieurs années, des automobiles savent faire un créneau toutes seules. Le conducteur peut non seulement lâcher le volant, mais même sortir de la voiture et la regarder manoeuvrer. Mieux encore, certaines peuvent entrer seules dans un parking, rechercher une place libre et s’y garer. Pour la récupérer, il suffit de l’appeler avec son smartphone et elle vous rejoint à l’entrée du parking. Techniquement, elle sait le faire seule, mais légalement elle doit être sous votre contrôle : elle se débrouille tant que vous touchez l’écran mais s’arrête si vous relâchez la pression car la réglementation impose au « conducteur » de rester en permanence « maître de son véhicule ».

Mieux encore, certains véhicules haut de gamme peuvent aujourd’hui rouler seuls à vitesse modérée (60 ou 80 km/h) sur des voies à terre plein central type périphérique ou autoroute. Dans un bouchon par exemple, il est possible de laisser la voiture se débrouiller : elle freine, accélère, ralentit seule en se calant sur les véhicules alentour. à une condition : le conducteur doit montrer qu’il est vigilant et prêt à reprendre le contrôle en touchant régulièrement le volant, sinon le véhicule se met à biper, puis s’arrête. Partout, on réfléchit à adapter la réglementation aux évolutions technologiques.

Taxis autonomes en test

Cette formidable accélération a été rendue possible par l’adaptation de technologies militaires développées depuis le début des années 2000 pour les drones. Un véhicule autonome utilise une caméra ultraperformante pour suivre le marquage au sol, lire les informations (panneaux de signalisation, feux rouges, etc.), repérer les croisements, détecter les autres véhicules et les obstacles imprévus. Des radars déterminent la vitesse de déplacement des autres véhicules, à l’avant comme à l’arrière. Des lidars (radars laser) scannent l’environnement proche et tous les objets en déplacement pour établir une carte 3D dynamique autour du véhicule. Des capteurs ultrasons détectent les objets et obstacles proches du véhicule…

Aux États-Unis, en Asie, en Europe, tous les constructeurs obtiennent des dérogations pour mener à bien leurs essais sur voies ouvertes et engranger de l’expérience pour nourrir l’intelligence artificielle de leurs véhicules. Les véhicules expérimentaux de Tesla, Google, mais aussi des constructeurs traditionnels (Mercedes, Audi, Toyota, Nissan, PSA, etc.) ont accumulé des dizaines de millions de kilomètres. Le Nevada a été le premier État à permettre aux simples usagers de rouler sans tenir le volant. Uber, qui teste des taxis autonomes aux États-Unis depuis 2016 (il y a toujours cependant un « technicien » prêt à reprendre le contrôle derrière le volant), prévoit leur apparition à Paris dès l’an prochain.

Le véhicule sans conducteur par étapes

L’industrie automobile a défini cinq niveaux de « conduite assistée » avant d’arriver à l’autonomie complète.

  • Niveau 1 : Des fonctions automatisées assistent la conduite (ABS, antipatinage, etc.).
     
  • Niveau 2 : Certaines fonctions peuvent être automatisées simultanément, comme le régulateur de vitesse et le centrage sur la voie ou l’assistance au stationnement.
     
  • Niveau 3 : La conduite peut être autonome dans certaines situations (autoroutes, voies séparées, etc.) mais le conducteur doit pouvoir reprendre la main à tout moment. En 2018, l’Audi A8 devrait être le premier véhicule de ce type commercialisé en France.
     
  • Niveau 4 : Le véhicule assure toutes les fonctions (freinage, dépassement, itinéraire, etc.). Le passager fournit des consignes (destination, vitesse maximale, etc.) mais il doit être capable de reprendre la main dans certaines situations.
     
  • Niveau 5 : Le véhicule est autonome d’un bout à l’autre du trajet. Il est même capable de circuler seul, sans aucun passager.

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