Précieux déchets

Nous produisons toujours plus de déchets. Mais ils sont désormais valorisés pour fabriquer de nouveaux matériaux, de nouveaux produits, de l’énergie... Après les conteneurs de tri dédiés aux emballages, au verre, au papier, voici venir les bacs à « biodéchets ».

345 millions de tonnes de déchets ont été produits en France en un an dont 247 millions par le BTP et 30 millions de déchets ménagers. 19,5 millions de tonnes ont fini en décharge.

17 millions de tonnes de matériaux ont été recyclés (sans compter le bois et les granulats).

48 millions de tonnes de déchets ménagers ont été envoyés vers des installations de traitement pour être triés, recyclés, transformés...

14,4 millions de tonnes de déchets de déchets non dangereux ont été valorisés pour produire de l'énergie.

© Ademe, 2014

La France produit chaque année 345 millions de tonnes de déchets ! Les principaux contributeurs sont les acteurs économiques, au premier rang desquels le BTP, avec 247 millions de tonnes de gravats et autres tuyauteries. Les ménages arrivent loin derrière, avec 30 millions de tonnes, soit un peu moins de 9 % du total. Mais, selon l’Ademe, chaque Français jette 590 kg de déchets par an, deux fois plus qu’en 1975. Sur ce volume, 365 kg se retrouvent dans les poubelles (conteneurs de tri) et 225 kg dans les déchetteries (encombrants, etc.).

Recycler 65 % des déchets non dangereux

Pour tenter d’endiguer cette inflation, la réglementation agit principalement dans deux directions :

  • la réduction des déchets à la source (moins d’emballages, moins de jetable, meilleure « réparabilité » des produits...),
  • le développement du tri sélectif, du recyclage et de la valorisation des déchets.

La loi de transition énergétique vise entre autres à diminuer de 10 % la production de déchets ménagers par habitant entre 2010 et 2020, à recycler 65 % des déchets non dangereux, et à diviser par deux les volumes finissant en décharge d’ici à 2025.

La fin des sacs plastique

Cent milliards de sacs plastique à usage unique sont encore utilisés chaque année en Europe. Ils menacent gravement l’environnement, et particulièrement les océans : plus de 700 espèces aquatiques souffrent de leur impact. Après un retrait progressif aux caisses des magasins, leur usage est totalement interdit en France depuis le 1er janvier 2017 (sauf s’ils sont compostables). Au début des années 2000, nous en utilisions 10 milliards par an.

Une matière première valorisable

Depuis la généralisation du tri sélectif, à partir des années 1990, les déchets ont changé de statut et sont devenus une matière première valorisable. En 2014, le tri a permis de recycler 17 millions de tonnes de matériaux (papier, verre, métaux, etc.) et de valoriser 14,4 millions de tonnes de déchets non dangereux pour produire de l’énergie (chaleur, électricité).

Chaque Français jette 590 kg de déchets par an, deux fois plus qu’en 1975.

Tri sélectif, mode d’emploi

Un tri sélectif réellement efficace supposerait... une quinzaine de conteneurs différents correspondant à chaque type de déchet. Les réglementations (comme les codes couleurs) varient d’une agglomération à l’autre, mais l’on se contente généralement de trois ou quatre bacs :

  • les déchets recyclables (bacs jaunes) : emballages, carton, acier et aluminium (canettes, conserves, aérosols...), briques alimentaires, récipients en plastique (bouteilles d’eau, flacons de shampoing... mais pas les sacs ni les films plastique). Les imprimés (journaux, prospectus...) vont aussi dans ce bac, sauf s’il existe des conteneurs dédiés (peu répandus et généralement bleus). Selon Éco-Emballages, 67 % des emballages sont aujourd’hui recyclés.
  • le verre (conteneurs verts) : tous les récipients (bouteilles, pots...) sans bouchon ni couvercle. La porcelaine, la faïence (vaisselle), les ampoules électriques ne vont pas dans ces bacs.
  • les « déchets » (bacs gris ou noirs) : tout le reste (déchets alimentaires, films et sacs plastique, barquettes, emballages gras ou souillés...).
  • les « produits dangereux » : piles et batteries, ampoules électriques, médicaments, huiles de moteur, appareils électroniques (téléviseurs, ordinateurs, téléphones...) ne vont pas à la poubelle mais doivent être déposés en déchetterie ou retournés chez certains commerçants (pharmacies, garagistes, électroménager...).

L’avenir des biodéchets

Certaines municipalités proposent des conteneurs dédiés aux déchets végétaux (branchages, tontes de pelouse...) qui sont ensuite généralement compostés. TIRU, filiale de Dalkia, a développé une expertise spécifique dans le traitement de ces biodéchets. À Calais, elle exploite en groupement depuis 2007 une usine pilote spécialisée dans le traitement des « biodéchets ». 28 000 tonnes de déchets « fermentescibles » provenant des ménages (épluchures, restes des repas...) ou des industries agroalimentaires (huiles...) sont collectées séparément puis transformées en biogaz pour produire de l’électricité et de la chaleur. Une expérience appelée à se développer : depuis le mois de mai dernier, les 2e et 12e arrondissements de Paris ont été équipés de nouveaux bacs, à couvercle marron, pour récolter les déchets alimentaires de 120 000 Parisiens afin de les méthaniser et de produire de l’énergie. Si tout se passe bien, l’opération devrait être étendue à toute la capitale en 2020.

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