Lyon Métropole, vitrine des réseaux thermiques de nouvelle génération

Pas de smart city sans smart grid. Qu’ils transportent de l’électricité, du gaz, de la chaleur ou du froid, les réseaux urbains deviennent de plus en plus intelligents. À Lyon, Dalkia va investir pour moderniser le réseau thermique qui deviendra le premier réseau vert de France.
Le réseau de chaleur du Grand Lyon sera surveillé par thermographie aérienne avec Studio Fly Technologies

La métropole lyonnaise va devenir la vitrine des réseaux thermiques de nouvelle génération pour Dalkia, qui y teste plusieurs solutions innovantes. Remporté l’an dernier pour une durée de vingt-cinq ans, le contrat de délégation de service public du Grand Lyon prévoit de tripler l’énergie distribuée (931 GWh de chaleur, soit l’équivalent de 130 000 logements) en doublant la taille du réseau (162 km de chaleur, 13 km de froid).

L’énergie proviendra principalement de l’usine d’incinération de Gerland, dont 85 % de l’énergie produite sera valorisée, grâce notamment à la construction de cinq cuves de stockage de 350 m3 d’eau à 120 °C. «Contrairement à l’électricité, dont la production doit en permanence être adaptée à la consommation, la chaleur peut se stocker plus facilement, résume Gerald Campbell-Robertson, directeur d’ELM, la société qui exploite le réseau lyonnais. Ces cuves vont permettre d’optimiser la production de l’usine d’incinération dont nous stockerons la chaleur en heures creuses pour l’utiliser lors des pics de consommation.»

Dès 2019, une chaufferie biomasse viendra renforcer encore la part des énergies renouvelables, qui atteindra alors 65 % de l’énergie consommée par le réseau, le reste de la production étant assuré par trois unités au gaz.

Au total, la nouvelle configuration permettra d’éviter le rejet de 126 000 tonnes de carbone par an, l’équivalent du retrait de la circulation de 70 000 voitures.

Le pilotage du système devra être très précis, notamment pour arbitrer entre les stockages et les cinq moyens de production. Il fera massivement appel aux technologies numériques. Toutes les sous-stations, dont le nombre passera de 500 à 1 000, seront connectées au système de commande. Le réseau lui-même disposera de nombreux capteurs qui remonteront des informations sur les températures, les pressions, etc.

Dalkia développe actuellement à Lyon un nouveau type de capteurs intelligents, ce qui permettra d’en installer des milliers. Entièrement autonomes, ils fonctionnent sans piles ni batterie, grâce à la chaleur du réseau. Deux cents seront bientôt opérationnels, en phase de test. Pour développer le réseau et atteindre son objectif de triplement de l’énergie délivrée, Dalkia a sollicité ForCity, une start-up lyonnaise spécialisée dans le big data, qui développe une plate-forme d’aide à la décision fondée sur une technologie de modélisation en 3D de la métropole lyonnaise.

Grâce à ce modèle, utilisé par exemple pour la régulation du trafic routier ou la gestion des travaux de voirie, Dalkia a accès à une connaissance très fine des consommations de chaque quartier, de chaque rue, de chaque immeuble même. « Cela nous offre une connaissance exceptionnelle des besoins de la métropole, poursuit Gerald Campbell-Robertson. En fonction des extensions possibles du réseau, nous avons pu recenser 1 600 points, potentiellement intéressés par un raccordement ; 350 de ces points ont été validés commercialement, et le développement du tracé peut donc se faire de manière parfaitement optimisée en fonction des besoins réels. C’est une aide considérable. »

Le projet du réseau de chaleur du Grand Lyon a officiellement été lancé le 20 novembre 2017 en présence de David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, Bruno Léchevin, président de l'Ademe, Sylvie Jéhanno, directrice générale de Dalkia, Jean-Bernard Lévy, président directeur général d'EDF.

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