Le vêtement intelligent, interface du futur

Le « smart » textile est né avec les nanotechnologies et la manipulation de la matière à l’échelle atomique dans les années 2000. Dès lors que la fibre devient conductrice, apte à stocker l’information et à communiquer, les applications sont illimitées.

C'est à la période de la glaciation (80 000 ans avant J.-C.) que l’Homo sapiens commence à se vêtir des peaux de ses proies. Entre 10 000 et 3 000 ans avant J.-C., il invente la technique du filage et donne naissance au textile. Il faut ensuite attendre le début du XIXe siècle pour que le lyonnais Joseph-Marie Jacquard invente le métier à tisser semi-automatique. Dans les années 1950, des matériaux aux propriétés innovantes font leur apparition, comme le polyester et l’acrylique, infroissables et facilement lavables, suivis dans les années 1980 par les fibres polylactiques, biocompatibles, biorésorbables et donc biodégradables.

Qui est bête ? Qui est intelligent ? Il existe un critère pour qualifier un textile de « smart » : il doit avoir une composition lui permettant de réagir à une stimulation externe afin de produire un effet particulier. C’est donc un vêtement qui sert à mincir, à se connecter, se soigner, à capter les battements du cœur ou encore à produire de l’électricité.
Début 2000, la miniaturisation de l’électronique a permis l’intégration de puces dans les vêtements, capables de capter le rythme cardiaque, l’activité cérébrale ou de compter le nombre de kilomètres effectués. Ces outils, notamment appréciés par les sportifs, sont désormais reliés aux smartphones ou aux ordinateurs. Les capteurs ne sont même plus totalement indispensables : certaines fibres détectent divers paramètres comme l’humidité ou la température. Tour d’horizon de nos futures secondes peaux.

LE RÈGNE DES CAPTEURS
Les vêtements intelligents munis de capteurs sont les plus connus du grand public, adoptés notamment par les sportifs. Ils sont conçus sur le principe des objets connectés : les tenues de sport sont pourvues de capteurs intégrés dans le tissu mesurant le rythme cardiaque, la fréquence respiratoire, la température corporelle, les calories brûlées, etc. Une fois les données physiologiques recueillies, elles sont acheminées vers un ordinateur,
une tablette ou un smartphone pour être visualisées en temps réel ou sauvegardées.

LA BIOCOUTURE, RETOUR AUX SOURCES
Une chercheuse londonienne a développé une technique innovante pour produire des fibres de cellulose à partir de bactéries et de levures. Résultat : un matériau biodégradable et résistant, qui ouvre des perspectives écologiques pour l’industrie de la mode, à ce jour très polluante, et pourrait représenter une alternative aux matières premières actuellement utilisées. Le processus ne nécessite aucune électricité et le tissu réalisé est entièrement biodégradable.

BYE BYE MACHINE À LAVER
Des chercheurs australiens affirment avoir trouvé une solution pour que les vêtements se nettoient spontanément, sans eau ni lessive, mais avec un peu de lumière. Beaucoup plus écologique que de faire la lessive, ce procédé est surtout économique. Placés sous une ampoule ou au soleil, ces textiles améliorés n’ont besoin que de six minutes pour s’autonettoyer.

LE VÊTEMENT PIÉZO-ÉLECTRIQUE
Un groupe d’étudiants de l’université de Nantes a créé la start-up Lightmove qui développe des vêtements intelligents pouvant produire de l’électricité grâce aux mouvements du corps. En 2008 déjà, deux chercheurs américains avaient associé de minuscules générateurs de courant aux fibres d’un vêtement, ouvrant la voie à la fabrication de tee-shirts producteurs d’électricité, grâce à des nanofils mêlés aux fibres textiles. Ces fibres high-tech pourraient, par exemple, être incorporées à celles de rideaux ou de toiles de tente afin de transformer l’énergie du vent ou des vibrations sonores en courant électrique.

LA TELEASSISTANCE PAR LE VETEMENT
La géolocalisation des personnes grâce à leur vêtement connecté est un autre domaine de développement envisagé, que ce soit pour les enfants ou les personnes âgées. Des capteurs pourraient non seulement localiser quelqu’un, mais aussi indiquer la position de son corps ou ses mouvements, ce qui permettrait par exemple d’envoyer automatiquement une alerte en cas d’immobilité suspecte.

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