Le biogaz, naturellement !

La filière biométhane et celle des gaz verts au sens large ont le vent en poupe. Même s’il ne fait que s’amorcer, leur développement s’accélère car ce marché est de plus en plus stratégique. Dalkia se donne donc les moyens de répondre à une demande croissante.

Crédit photo : Laurent Vautrin

Le biogaz serait-il un nouvel or vert ?

De nombreux acteurs du monde de l’énergie sont convaincus de son potentiel de développement, et y voient l’une des principales solutions pour atteindre 10 % de gaz d’origine renouvelable dans la consommation finale de gaz en 2030, objectif fixé par la loi de transition énergétique.

 

Pour rappel, le biogaz est issu de la fermentation de matières organiques – déchets industriels ou agricoles, boues de stations d’épuration… – en l’absence d’oxygène. Selon la composition de la matière fermentescible, le biogaz obtenu par ce procédé, dit de méthanisation, est plus ou moins riche en méthane. Une fois épuré, il devient un biométhane dont les caractéristiques sont très proches de celles du gaz naturel, ce qui permet de l’injecter dans les réseaux.

Si ce gaz renouvelable, qui vient se substituer à une énergie fossile, affiche bien des atouts au plan environnemental (réduction des gaz à effet de serre, diminution de la pollution des sols et de l’eau, possibilité de valoriser biodéchets et matières organiques au profit des ressources naturelles…), il présente aussi des vertus socio-économiques. Une production localisée, territorialisée, qui s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : voilà qui cadre avec les préoccupations du moment, en particulier du côté des collectivités.
 

« À plus d’un titre, le sujet des gaz verts est stratégique pour Dalkia. »

 

Biométhane et Power-to-Gas

Selon le cabinet de conseil Sia Partners, les 44 unités d’injection de biométhane installées en France à la fin 2017 affichaient une capacité totale de 641 GWh/an, représentant la consommation annuelle de 55 000 foyers alimentés au gaz. Au regard des 600 installations de méthanisation aujourd’hui opérationnelles, c’est relativement peu (8 %), mais tout indique que les sites d’injection vont se multiplier.

Lorsque l’on parle du verdissement de la filière gaz, nous devons également mentionner le procédé Power-To-Gas, qui permet de transformer en hydrogène les excédents d’électricité produits par l’éolien et le photovoltaïque, note Aymeric Join-Lambert, directeur commercial de Dalkia biogaz. Cet hydrogène peut ensuite être injecté directement dans les réseaux de gaz naturel ou transformé en méthane par synthèse avec du CO2.

Même s’il faut encore du temps pour qu’il atteigne la maturité technologique qui est aujourd’hui celle du biométhane, ce gaz renouvelable dit de « deuxième génération » va monter en puissance dans les années à venir. » « Aujourd’hui, notamment pour communiquer auprès du grand public, on tend à employer le terme générique de “gaz verts”, note Hélène Stéphan, directrice générale de Dalkia biogaz. En tout cas, quels que soient les mots, ces sujets sont stratégiques à plus d’un titre pour Dalkia.

Dès aujourd’hui, nous devons faire face à une forte demande des clients qui cherchent à verdir leur consommation de gaz. Il est crucial que nous puissions leur répondre, que ce soit en produisant nous-mêmes notre biométhane ou en l’achetant auprès de producteurs. Et plus largement, compte tenu des forces en présence sur le marché français de l’énergie, les gaz verts vont représenter des enjeux de plus en plus importants. »
 

Produire du biogaz mais aussi en acheter

Dalkia biogaz est le principal « bras armé » de Dalkia dans ce domaine.Créée en 2002 sous le nom de Verdesis, cette entité a rejoint l’entreprise début 2015. Elle exploite aujourd’hui une trentaine d’installations de méthanisation-cogénération en France et en Belgique. Mais il faut aussi mentionner TIRU (maintenant appelé Dalkia Wastenergy). Cette filiale, spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets ménagers des collectivités, développe la méthanisation comme une nouvelle voie de valorisation (en complément de la valorisation énergétique et du recyclage).

Enfin, il faut évoquer aussi les certificats de garantie d’origine. « Pour faire face à la demande, nous développons un portefeuille de contrats d’achat avec les producteurs de biométhane, ce que nous pouvons faire grâce au statut de fournisseur d’énergie de notre filiale SVD 17, explique Thomas Philippe, directeur des marchés de l’énergie et gérant de SVD 17.

C’est ce qui nous permet d’acquérir des certificats de garantie d’origine grâce auxquels, par exemple, des MWh achetés en Bourgogne peuvent être utilisés en Bretagne. » « Nous nous positionnons sur l’ensemble des projets : agriculture, industrie, collectivités, stations d’épuration, etc, ajoute Pierre Bernard, responsable commerce énergie à la direction des marchés de l’énergie. Nous sommes à l’écoute de nos collègues en régions qui, en raison de leur proximité avec les acteurs des territoires, sont en mesure de nous faire remonter les projets dont ils ont connaissance. »

A retenir...

• Les différentes formes de gaz vert qui se développent : biométhane issu de l’épuration du biogaz (lui-même obtenu par digestion de matières organiques) et Power-toGas pour convertir en gaz des excédents d’électricité renouvelable.

• Ce marché est important pour Dalkia, qui doit répondre à une demande croissante de « verdissement » des consommations de gaz.

• Dalkia et ses filiales produisent du biométhane mais s’organisent aussi pour en acheter le plus possible.

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