Économie circulaire : faire plus et mieux avec moins

Zéro déchet. C’est l’objectif de l’économie circulaire pour mettre fin à cette hyperconsommation qui épuise la planète depuis l’après-guerre. La loi de transition énergétique a des objectifs ambitieux.

Depuis les années 1970, la population mondiale consomme chaque année plus de ressources renouvelables que la Terre n’en produit. En clair, nous coupons plus d’arbres et pêchons plus de poissons qu’il ne faudrait pour maintenir l’équilibre. Pour 2017, l’ONG américaine Global Footprint Network estime que nous devrions avoir consommé au milieu de l’été l’ensemble des ressources produites par la planète. Pour finir l’année, il faudra puiser dans le stock non renouvelable. En 1970, ce « jour du dépassement » tombait le 24 décembre. En 2000, le 25 septembre. En 2016, le 8 août. Principaux facteurs : la démographie galopante – nous sommes 7,5 milliards d’habitants sur Terre contre 2,5 milliards en 1950 – et, surtout, le modèle de société d’hyperconsommation développé après guerre.


Un modèle inspiré des cycles naturels

Depuis la révolution industrielle, une économie dite « linéaire » en quatre étapes s’est mise en place : il s’agit d’extraire des matières premières, de les transformer en produits, de les consommer puis de les jeter. Avec ce modèle, plus on consomme, plus on extrait et plus on jette : moins de ressources, plus de pollutions, plus de déchets. Pour enrayer cette course effrénée au toujours plus qui mène au gaspillage, l’économie circulaire propose un modèle inspiré des cycles naturels : il n’y a plus de début (l’extraction) ni de fin (les déchets) mais une boucle, comme dans un écosystème : les matières sont utilisées pour fabriquer des produits qui sont utilisés puis recyclés en fin de vie pour fabriquer de nouveaux produits.


Zéro déchet et bien plus encore

Le principal objectif de l’économie circulaire est la préservation des ressources :
• « écoconception » des produits, qui doivent être sobres en matières premières, tant pour leur fabrication que lors de l’usage ;
• les produits doivent être conçus pour être réparables (pas de jetable ni d’« obsolescence programmée ») ;
• ils doivent être démontables, afin que certains éléments puissent être réemployés en fin de vie ;
• les éléments ne pouvant être réemployés doivent être recyclables pour limiter au maximum les déchets ;
• l’usage doit être mutualisé au maximum. En ville, on va par exemple favoriser le développement des véhicules partagés (Autolib’, Vélib’, etc.). L’usage est préféré à la possession.
 

L’économie circulaire inscrite dans la loi

La loi de transition énergétique de 2015 consacre un chapitre entier à « la lutte contre les gaspillages et la promotion de l’économie circulaire », considérée comme « l’un des cinq piliers du développement durable ». Parmi les objectifs visés :
• le découplage progressif entre la croissance économique et la consommation de matières premières ;
• le développement du tri à la source (notamment des déchets alimentaires et des déchets des entreprises) ;
• le développement des filières de recyclage et de valorisation.

Le ministère de l’Environnement estime dans la loi de transition énergétique qu’une meilleure gestion des déchets permettra d’éviter de gaspiller 8,6 millions de tonnes de matières et 4 200 GWh d’énergie par an dès 2025, empêchant ainsi le rejet de 3,4 millions de tonnes de CO2 par an. Pour atteindre ces objectifs, le ministère estime les investissements nécessaires à près de 4,5 milliards d’euros sur dix ans. L’Ademe dispose notamment d’un « Fonds déchets » pour accompagner la mise en œuvre des actions sur le terrain (189 millions d’euros en 2016). Par ailleurs, en 2016, 96 projets innovants ont été aidés pour un montant de 98 millions d’euros.
 

Dalkia, une expertise reconnue

Spécialiste de la valorisation des ressources énergétiques renouvelables et récupérables, Dalkia est un important promoteur de l’économie circulaire, capable de développer les projets les plus innovants.

• À Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, Tiru, filiale de Dalkia, vient d’installer une usine high-tech permettant de valoriser les déchets d’un territoire de 310 000 habitants. Des procédés innovants permettent de transformer les déchets en biométhane (un gaz « vert »), réinjecté dans le réseau de gaz naturel de GrDF. Les résidus solides sont également valorisés comme combustibles dans une cimenterie locale. À terme, le projet devrait permettre d’éviter le rejet de 9 300 tonnes de CO2 par an.

• Dans l’agglomération de Tours, Dalkia Biogaz, filiale de Dalkia, exploite l’unité de valorisation du biogaz d’une station d’épuration, la troisième de ce type en France. Le biogaz récupéré sur le site est traité et injecté dans le réseau gazier de l’agglomération. 8,5 GWh PCS de gaz « vert » seront produits pour répondre aux besoins de 700 foyers.

• Avec plus d’une centaine de datacenters sur son territoire, la France est le quatrième pays le plus équipé au monde. Extrêmement énergétivores, ces centres consomment plus de 1 % de l’énergie produite en France. Leader du marché high-tech de la récupération de chaleur des datacenters, Dalkia recycle par exemple l’énergie fatale de l’immense centre de données de 8 000 m2 d’une banque, en Seine-et-Marne, pour chauffer une piscine et un centre sportif, évitant le rejet de 5 400 tonnes de CO2 par an.

À retenir

L'économie circulaire est un concept visant à repenser nos modes de production et de consommation afin d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles et de limiter les déchets produits. Elle englobe de très nombreux secteurs d’activité.

Un pilier du développement durable
La notion d’économie circulaire est formalisée dans la loi de transition énergétique, qui en fait l’un des cinq piliers du développement durable.

Objectifs de la loi de transition énergétique
• 32 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie.
• - 50 % de déchets en décharge en 2025.

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