La chaudière numérique : Quand les serveurs informatiques chauffent les bâtiments

Conçue par la start-up Tresorio avec Dalkia, la chaudière numérique est composée de serveurs informatiques dont la chaleur est recyclée. En juillet 2018, un modèle pilote a été inauguré à l’hôpital de Mercy à Metz. La chaleur récupérée sert à chauffer une partie de l’eau chaude sanitaire de l’hôpital.

La chaudière numérique est un serveur informatique décentralisé, autrement dit un centre de traitement de données installé directement dans le bâtiment, dont la chaleur dégagée par ses composants est recyclée. À l’ère du big data et du nombre foisonnant d’installations de traitement de données, cette innovation limite leur empreinte carbone et les intègre dans un processus vertueux de récupération de chaleur. En effet, dans la famille des énergies « propres », le solaire, la biomasse ou le vent sont régulièrement évoqués, mais on oublie souvent les énergies dites de « récupération » ou encore dites «fatales».

Dalkia, partenaire du Centre hospitalier régional de Metz-Thionville depuis cinquante cinq ans et engagée dans la réduction de ses consommations d’énergie, lui a proposé d’installer une chaudière numérique à titre expérimental, et de tester cette solution pour chauffer une partie de son eau chaude sanitaire.

Comment cela fonctionne ?

La jeune start-up messine Tresorio fournit à Dalkia des serveurs informatiques à « haute intensité » qui, fonctionnant en continu, nécessitent d’être refroidis car ils dégagent une chaleur importante. Des systèmes de refroidissement s’avèrent donc indispensables mais ceux-ci sont très énergivores. Pour récupérer cette chaleur dite « fatale », c’est-à-dire produite quoi qu’il arrive, Tresorio a développé un système de refroidissement à eau : la chaleur récupérée est alors transférée au bâtiment grâce à un module thermique mis au point par Dalkia. Cette chaleur s’intègre ainsi dans un système d’économie circulaire.

« Les baies des serveurs informatiques consomment environ 10 kW d’électricité. Elles sont composées de cartes de calculs rangées dans des racks et reliées entre elles par des tuyaux d’eau. Cette eau refroidit les serveurs en récupérant la chaleur qu’ils émettent et les maintient à une température optimale pour assurer leur fonctionnement. Dalkia récupère la chaleur et valorise ainsi une énergie vertueuse pour chauffer l’eau chaude sanitaire, comme actuellement à l’hôpital de Mercy », explique Bertrand Guillemot, directeur des Programmes Innovation de Dalkia.

 

« La chaudière numérique permet ainsi de verdir le mix énergétique des bâtiments »
 

Grâce à la technologie et à l’intensité des calculs qui ne s’arrêtent jamais, la température de l’eau est maintenue constamment à 60 °C. Cette solution présente de nombreux avantages : elle est écologique, sans gaspillage, puisqu’elle permet de valoriser une énergie « fatale », en remplacement d’énergies fossiles comme le gaz, le fioul ou le charbon. La chaudière numérique permet ainsi de verdir le mix énergétique des bâtiments. C’est également une solution économique car la chaleur issue de la chaudière numérique n’est pas soumise à la volatilité du prix des énergies fossiles et vient réduire la facture énergétique du site.

« Nous contribuons également au développement d’une nouvelle forme d’exploitation des serveurs informatiques et participons ainsi, en collaboration avec Dalkia, à la révolution du Green Computing. En tant qu’experts en infrastructure et conception logicielle, nous souhaitons contribuer à la création des “smart cities” ou villes intelligentes, grâce à de nouveaux environnements dans lesquels les différentes ressources informatiques sont utilisées et pilotées de manière à optimiser la consommation énergétique des villes de demain », affirme Loïc Gorka, directeur général de Tresorio.

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