Alain Bernard « Aujourd’hui, il est primordial de lutter contre le réchauffement climatique. »

Avec deux titres olympiques, en individuel et en relais, sur la discipline reine de la natation, le 100 mètres nage libre, Alain Bernard possède l’un des plus beaux palmarès du sport français. S’il ne pratique plus le haut niveau, il est aujourd’hui très investi auprès des nageurs, notamment pour moderniser leurs entraînements.

Vous avez raccroché le maillot (de bain) en 2012. Quelle vie y a-t-il après la natation ? Que faites-vous aujourd’hui ?

J’ai souhaité et donc programmé mon arrêt de carrière. Comme celui-ci ne s’est fait ni sur un coup de tête, ni sur une blessure, j’ai quitté les bassins en paix et sans aucun regret. Idéalement, j’avais envie de faire des choses pour améliorer les conditions de vie et d’entraînement des jeunes sportifs et bien évidemment des nageurs. Aujourd’hui, je suis membre du comité directeur de la Fédération française de natation (FFN) et cela me permet de continuer à jouer un rôle dans ce sport qui m’a tant donné.

Vous avez la volonté de dépoussiérer la natation française, notamment en introduisant des objets connectés à l’entraînement. De quoi s’agit-il ?

Il faut savoir qu’en France nous partons vraiment de loin car ce n’est pas dans notre culture, contrairement aux Anglo-Saxons qui utilisent depuis longtemps à l’entraînement des outils numériques comme des capteurs ou des caméras. Aujourd’hui, à la FFN, nous avons acquis une centaine de boîtiers connectés, que nous faisons tourner dans les clubs, et qui permettent de récupérer des données techniques sur le nombre de mouvements, de respirations, la fréquence et l’indice de nage. Ce type d’outils est vraiment très utile pour accompagner la démarche pédagogique des entraîneurs.

Les Jeux olympiques de 2024 auront lieu à Paris. Vous êtes-vous investi dans la candidature ?

J’ai choisi de ne pas m’investir dans le comité d’organisation des JO car cela aurait nécessité que je sois à Paris. Or aujourd’hui je vis dans le Sud avec ma famille et j’avais envie d’y rester. Mais c’est bien sûr une grande chance pour la France.

Vous faites partie des 14 athlètes qui forment le « Team EDF » ? Quelle est sa mission et la vôtre en particulier ?

Le « Team EDF » est une longue histoire. Les premiers partenariats ont été noués autour des sports d’eau, avec les kayakistes tout d’abord puis avec les nageurs. à titre personnel, EDF a été mon premier sponsor en 2007, avant les JO de Pékin en 2008. Cette équipe est composée d’athlètes valides et handisport, en activité ou à la « retraite ». L’objectif est de se soutenir et de partager nos expériences. Pour un footballeur et un avironneur par exemple, la préparation est très différentes mais ils vont mutuellement avoir des choses à s’apprendre. Quant à moi, depuis que j’ai arrêté la compétition, je suis ambassadeur de ce « team ». J’interviens lors d’entraînements sportifs ou dans le monde de l’entreprise, lors de séminaires, où je fais le parallèle entre le sport de haut niveau et l’entreprise.

Les piscines sont des lieux très gourmands en énergie. êtes-vous sensible aux questions liées à l’environnement et à l’écologie ?

Evidemment ! Aujourd’hui, il est primordial de lutter contre le réchauffement climatique. Les piscines sont effectivement très énergivores. Mais ce sont des lieux de vie indispensables car on y accueille des gens de tous âges et, surtout, on y apprend à nager. Mais fort heureusement, les centres aquatiques qui sont construits de nos jours n’ont plus rien à voir avec les bassins des années 1970. La démarche HQE est prédominante, et rien n’est laissé au hasard dans le choix des matériaux, la dimension et la profondeur des piscines, pour optimiser leur consommation d’énergie. Par ailleurs, il faut aussi réfléchir en termes de mutualisation. Il peut ainsi être très intéressant d’avoir une patinoire accolée à une piscine : pour produire du froid, on a besoin de chaud et vice versa. De même, on peut récupérer la chaleur émise par un data center pour chauffer l’eau d’un bassin. Ces exemples, encore peu nombreux, vont forcément être amenés à se développer sur l’ensemble du territoire.

Vous avez également une passion pour le saut en parachute et détenez votre brevet de pilote. Vous préférez être dans les airs ou dans l’eau ?

Eh bien, figurez-vous que je suis plus à l’aise à 4 000 mètres de haut qu’à quelques mètres sous l’eau ! J’aime être à la surface de l’eau mais j’ai très rarement plongé avec des bouteilles.
J’ai effectivement une grande passion pour l’air
et j’arrive à faire le parallèle sur la façon d’évoluer dans les trois dimensions aussi bien dans l’air que dans l’eau.

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